#dada#fluxus#ego#trip#party

#DADA

 

Le 23 juin 1916, au Café Voltaire, à Zurich, un gars affublé d'un drôle de déguisement « cubiste» entre en scène et commence à déclamer d'une voix monotone un poème incompréhensible, suite d'onomatopées méticuleusement préparées. La salle est comble, des cris et des rires fusent, l’homme poursuit, imperturbablement, à scander son poème. Il s’appelle Hugo Ball (1886 – 1927), il est le maître à penser de DADA. Le mouvement qu’il initie ce soir-là va rapidement se propager dans plusieurs villes d’Allemagne avant de contaminer l’Europe et les Etats-Unis quelques années plus tard.

 

DADA est né d'une profonde répugnance envers la guerre, échec des civilisations, de la culture et de la raison. « Frondeur, provocateur, iconoclaste, contestant toute contrainte idéologique, morale ou artistique, DADA prône la confusion, la démoralisation, le doute absolu et dégage les vertus de la spontanéité, de la bonté et de la joie de vivre ». DADA n’a ni maître, ni patrie et combat toute forme d’abrutissement social, c’est dire si les dadaïstes nous manquent aujourd’hui.

 

DADA est contre la société et contre l’art. DADA veut tuer l’art ! Mais, paradoxalement, en déconstruisant et détruisant le langage verbal et plastique, les dadaïstes ont ouvert certaines voies majeures de l’art contemporain. Pionnier de la performance, DADA a engendré Marcel Duchamp et le surréalisme, puis influencé l’expressionisme abstrait, le happening américain et Fluxus, entre autres...

 

« DADA, c’est l’Histoire de l’Art contre le mur, les mains sur la tête et…

DADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADADA,

comme la mitrailleuse crépite ! » (Hélios Azoulay)

 

M. M.

#JOHNCAGE

 

Avant John Cage (1912-1992), la musique était un résultat voulu et décidé à l’avance. Le fruit d’une composition musicale déterminée dans toute sa longueur. John Cage, lui,  laisse faire le hasard, du moins en partie, et crée ainsi la musique indéterminée. Le moindre bruit subvenant à n’importe quel moment prend une valeur musicale. Son morceau « 4’33’’ » datant de 1952, décrit comme 4 minutes 33 secondes de silence, est constitué des sons de l'environnement que l’audience entend lorsqu'il est interprété.

 

John Cage enseigne à ses nombreux élèves que le création est illimitée, que tout est musique, que tout est possible en art.

 

C’est à lui que l’on doit également la création du premier « happening » en 1952. Celui-ci englobait une peinture de Rauschenberg, un poème récité du haut d’une échelle par Charles Olsen, une danse de Merce Cunningham, une partition de David Tudor au piano et, au milieu, le public assis. La ressemblance avec les premières manifestations DADA est indéniable.

 

M. M.

#FLUXUS

 

Lancé en 1962 par George Manciunas (1931-1978), le mouvement Fluxus échappe à toute tentative de définition. Fluxus relève plutôt d’un état d’esprit, d’une liberté de pensée et d’expression. Il est hérité de DADA, inspiré par Marcel Duchamp en art visuel et par John Cage en musique.

 

Tout est art ! Chacun est artiste !

 

Fluxus tend à supprimer les frontières entre l’art et la vie en interchangeant les rôles de l’artiste et du spectateur selon l’exemple de Marcel Duchamp qui avait énoncé que « le regardeur fait l’œuvre ». Les artistes Fluxus cherchent à mettre en scène le quotidien, les choses banales, tout ce qui ne serait pas de l’art. Ben Vautier, par exemple, à l’occasion du Festival of Total Art (1963), entame une série d’actions et de gestes parmi lesquelles : “traverser à la nage le port de Nice” et “gifler, sans l’avoir prévenue, une charcutière”. Fluxus n’est donc aucunement concerné par l’œuvre d’art formelle, esthétisée et institutionnalisée. Les œuvres Fluxus ne sont même pas considérées comme des œuvres pour certains de leurs auteurs. Réduites à des happenings, à des gags ou même à de simple gestes, elles tendent vers le non-art et échappent (ou plutôt échappaient) au marché de l’art.

 

« L'art doit être simple, amusant, sans prétention, s'intéressant aux choses insignifiantes, ne demandant ni habileté particulière ni répétitions innombrables et n'ayant aucune valeur marchande ou institutionnelle », insiste George Maciunas. En 1970, à l’entrée de son exposition à la galerie Templon, Ben accueille les visiteurs avec une banderole : « L'art est inutile, rentrez chez vous ».

 

Le mouvement Fluxus généra une quantité exceptionnel d’expérimentations artistiques, aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Il fut à l’origine de presque tout ce qui constitue l’actualité artistique des années 1960.

 

L’histoire de Fluxus, comme celle de DADA, n'a pas fini de s'écrire. Elle conserve aujourd’hui une aura mythique car elle manque de traces matérielles tout en restant un inépuisable creuset de propositions.

 

M. M.

#BEN

 

Benjamin Vautier, mieux connu sous le nom de Ben, est né à Naples en 1935. Après plusieurs années passées en Italie, il suit sa mère dans de multiple voyages avant de  s’installer à Nice en 1949. L’année suivante, Ben ouvre une petite échoppe dans laquelle il vend des disques d’occasion. C’est là qu’il reçoit ses amis César, Armand et Martial Raysse, c’est aussi là qu’ils fondent ensemble l’École de Nice. Ces jeunes artistes en quête de nouveautés souhaitent prolonger l’héritage de Marcel Duchamp et pousser l’art dans ses retranchements, en suivant les traces de John Cage et du mouvement DADA.

 

En 1953, Ben crée sa première peinture de mots : « Il faut manger. Il faut dormir », simple et évidente affirmation de la vie. Écrire est pour Ben la meilleure manière de parler de l’art et de le questionner. Relevant d’un art de l’idée, ses nombreuses punchlines font de lui l’un des tout premiers artistes conceptuels, le mouvement du même nom ne voyant le jour qu’en 1960. Les « écritures » de Ben peuvent être des vérités, des commentaires sur le monde et l’actualité, des scénarios, des invectives au public, au monde l’art, des constatations... Apparaissant brusquement dans le champ visuel du spectateur, elles arrachent un sourire et donnent souvent matière à penser.

 

En 1958, c’est au tour de sa première « signature » de voir le jour. Ben remet alors en question l’importance de la signature de l’artiste en art. Pour cela, il ne se contente pas de signer un bout de papier, non, il signe le monde et tout ce qu’il trouve, ses amis, sa famille, les gens dans la rue, Nice, les trous, les coups de pied, Dieu, etc. Par cette labellisation de son environnement, Ben considère qu’il relie la vie à l’art et en revient une nouvelle fois à nous demander si tout est possible en art et si tout est art.

 

Les gestes et les performances de Ben sont de petites actions a priori banales et quotidiennes, à l’époque considérées par beaucoup comme des improvisations désinvoltes, maintenant appréciées comme de profondes et précoces œuvres conceptuelles ayant leur place au panthéon de la performance.

 

Sa rencontre avec George Maciunas à Londres en 1962 marque son entrée dans le groupe Fluxus, non-mouvement artistique qui, comme Ben, questionne le statut de l’artiste et de l’œuvre d’art dans la société.  De retour en France, Ben diffuse les idées et l’esprit Fluxus, notamment via l’organisation de festivals Fluxus. Il devient le défenseur d’un art d’attitude, repensant les limites de l’art.

 

M. M.

#MICHELBATLLE

 

Face à la situation de l'art actuel, ornemental et décoratif, et face aux spécialistes des petites idées déclinées, Michel Batlle se présente comme un « artiste généraliste » pour qui l'art est avant tout une expérience et un questionnement sur la vie mais aussi un engagement essentiel pour le respect des différences, des cultures et de leurs territoires.

 

Michel Batlle préfère la vie et l'aventure à la stratégie des artistes domestiques. Il assume avec détermination ses engagements dans l'art et le rapport qu'il entretient avec la société. Non qu'il soit un passeur de messages idéologiques ou un moraliste, mais l’artiste revendique sa liberté d'indifférence à l'endroit des diktats de la pensée dominante.  

 

Sa peinture renvoie à la problématique de l'anxiété et du désir. En témoignent ses portraits fracturés et déconstruits porteurs de secrets, dont la signalétique hybride est parfois connotée d'unités globuleuses cernées de taches et de coulures, conjuguent leurs diffluences au sommet de leur tension.

 

L’oeuvre batailleuse et incarnée de Michel Batlle, l'âpre vérité de sa teneur émotionnelle, réverbèrent la vision d'un humaniste en adéquation avec son temps.

 

Gérard Xuriguera

#EGGPLANT

 

(Music for) Eggplant, c’est un collectif  d’artistes-musiciens basé à Paris et à Lausanne.

(Music for) Eggplant, c’est 27 albums en 3 ans

(Music for) Eggplant, c’est des vidéos

(Music for) Eggplant, c’est des performances

(Music for) Eggplant, c’est de l’improvisation musicale

(Music for) Eggplant, c’est des happenings

(Music for) Eggplant, c’est le chaos

(Music for) Eggplant, c’est de la dinguerie

(Music for) Eggplant, c’est l‘héritage de DADA