Re-Pulsion

Mihael Milunovic - Emilie Franceschin -                  Samuel D'Ippolito

Le travail de Mihael Milunovic englobe un large éventail de disciplines artistiques. Tout d'abord peintre, l'artiste est aussi sculpteur, photographe, vidéaste, et performeur. Pour cette exposition, il présente une série de photographies et une vidéo issues d'une performance intitulée The Kiss, réalisée pour la première fois en 2005 et programmée en octobre prochain à Liège. Dans ses performances, Mihael Milunovic explore les iconographies, les cérémonies et les gestes liés aux champs politiques et militaires.

 

 

Dans The Kiss, il s'intéresse aux drapeaux et à la relation particulière que ceux-ci ont avec le pouvoir. Dans un premier temps, il se base sur les règles de la vexillologie, la science des drapeaux, pour en créer des inédits. En mélangeant les codes et les symboles, ces drapeaux, que l'artiste fait solennellement parader dans les rues, intriguent ou amusent l'observateur par leur apparence étonnante mais si convaincante. À la fin de cette procession, Mihael Milunovic, juché sur une estrade, entouré de (faux) journalistes et de (faux) militants, honore les drapeaux qui lui sont présentés l'un après l'autre : il embrasse chacun d'eux puis les décore d'une médaille. Cette décontextualisation provoque chez le spectateur un malaise, un mélange d'aliénation et de curiosité.

 

Émilie Franceschin est une performeuse prolifique. À l'aube de ses 35 ans, l'artiste originaire de Toulouse nous présente sa 51e performance, intitulée Dévoration. Celle-ci fait suite à deux autres œuvres réalisées en 2017 – Daniel(s) et moi, 300g / 416g (Musée des Abattoirs de Toulouse) et Déjeuner sur l'herbe (Galerie Thaddaeus Ropac à Paris). L'artiste y réalise un nouveau grand écart entre la violence de l'action et la beauté de la métaphore. De manière générale, les performances d'Émilie Franceschin mettent en œuvre des gestes qui « visent à renverser, dégrader, abaisser par le ridicule, le sale ou le piétinement ce qui peut être attrayant ou admiré ». D’autres performances filmées durant de précédentes résidences ou expositions sont présentées sur les écrans du rez-de-chaussée.

 

Une installation de Samuel D'Ippolito occupe toute la Mezzanine. Elle est faite de structures métalliques, de branchages, de déconcertantes peaux, de béton, de son et de lumière. L’œuvre attire autant qu'elle angoisse. C'est une étrange cage, intimidante et imposante, percées d'ouvertures, comme autant d'invitations, parfois risquées, à y pénétrer la main, la tête ou le corps tout entier. L'artiste compose en survie, avec ce qui l'entoure et dans l'instant. Les éléments que l'on retrouve dans ses œuvres depuis plusieurs années se fondent dans cet environnement. Une synthèse ou un portrait, mélange d’œuvres, d'outils et d'objets glanés au fur et à mesure de son chantier. Samuel D'Ippolito expose au Misère une série de cinq bas-reliefs. De tailles identiques, formatés, ils sont traversés, comme torturés, d'étonnantes formes organiques qui s'imposent sur le plâtre.