Ben Vautier

Benjamin Vautier, mieux connu sous le nom de Ben, est né à Naples en 1935. Après plusieurs années passées en Italie, il suit sa mère dans de multiple voyages avant de  s’installer à Nice en 1949. L’année suivante, Ben ouvre une petite échoppe dans laquelle il vend des disques d’occasion. C’est là qu’il reçoit ses amis César, Armand et Martial Raysse, c’est aussi là qu’ils fondent ensemble l’École de Nice. Ces jeunes artistes en quête de nouveautés souhaitent prolonger l’héritage de Marcel Duchamp et pousser l’art dans ses retranchements, en suivant les traces de John Cage et du mouvement DADA.

 

En 1953, Ben crée sa première peinture de mots : « Il faut manger. Il faut dormir », simple et évidente affirmation de la vie. Écrire est pour Ben la meilleure manière de parler de l’art et de le questionner. Relevant d’un art de l’idée, ses nombreuses punchlines font de lui l’un des tout premiers artistes conceptuels, le mouvement du même nom ne voyant le jour qu’en 1960. Les « écritures » de Ben peuvent être des vérités, des commentaires sur le monde et l’actualité, des scénarios, des invectives au public, au monde l’art, des constatations... Apparaissant brusquement dans le champ visuel du spectateur, elles arrachent un sourire et donnent souvent matière à penser.

 

En 1958, c’est au tour de sa première « signature » de voir le jour. Ben remet alors en question l’importance de la signature de l’artiste en art. Pour cela, il ne se contente pas de signer un bout de papier, non, il signe le monde et tout ce qu’il trouve, ses amis, sa famille, les gens dans la rue, Nice, les trous, les coups de pied, Dieu, etc. Par cette labellisation de son environnement, Ben considère qu’il relie la vie à l’art et en revient une nouvelle fois à nous demander si tout est possible en art et si tout est art.

 

Les gestes et les performances de Ben sont de petites actions a priori banales et quotidiennes, à l’époque considérées par beaucoup comme des improvisations désinvoltes, maintenant appréciées comme de profondes et précoces œuvres conceptuelles ayant leur place au panthéon de la performance.

 

Sa rencontre avec George Maciunas à Londres en 1962 marque son entrée dans le groupe Fluxus, non-mouvement artistique qui, comme Ben, questionne le statut de l’artiste et de l’œuvre d’art dans la société.  De retour en France, Ben diffuse les idées et l’esprit Fluxus, notamment via l’organisation de festivals Fluxus. Il devient le défenseur d’un art d’attitude, repensant les limites de l’art.

M.M.

Hypocrisie
De mensenrechten zonder volkerenrecnten zijn hypocrisie..
Peinture
2017
Lieu : Avenue Maurice Denis